Coups de coeur·Nature Writing

My absolute Darling, Gabriel Tallent

Il y a des livres qu’on ne voudrait jamais quitter, dans lesquels on est bien et qu’on referme avec beaucoup de tristesse. My absolute Darling au contraire est un livre qu’il nous tarde de quitter tant le sujet et l’univers sont angoissants.

My Absolute Darling, c’est l’histoire d’un père qui élève seul sa fille à Mendocino en Californie. Ils vivent sommairement dans une habitation pas très bien entretenue dans la foret et à l’écart de toute maison. Ce père élève sa fille à la dure, la jeune fille est sauvage et pas féminine du tout. Elle passe son temps à marcher en forêt des kilomètres durant quand elle n’est pas en train d’astiquer ses calibres. Son père lui apprend à tirer au fusil et aux pistolets. Il l’appelle croquette, le narrateur du roman l’appelle Turtle et son vrai prénom est Julia.


Très vite, j’ai beaucoup apprécié le personnage principal qui est Turtle. Pourtant elle ne fait rien pour être sympathique, elle appelle tout le monde connasse et se traite elle même de connasse. Elle voue un amour inconditionnel à son père qui pourtant la traite de la pire des façons. J’ai apprécié avoir le point de vue de cette jeune fille, comprendre comment elle vivait cette relation incestueuse. On peut penser ce que l’on veut, se dire quelle est bête d’aimer son père, mais c’est justement ce qui m’a plu dans ce livre, pas de cliché, pas de philosophie ou de morale de bas-étage. On vit une histoire, une histoire terrible, mais qui sonne tellement juste. Une histoire comme personne ne devrait en vivre. J’ai eu la nausée tellement certains passages sont durs. C’est un livre qui prend aux tripes, un livre qu’on veut finir au plus vite mais finalement ce n’est qu’un livre. Ce qui fait mal, c’est de se dire que pour certaine, c’est une réalité.

C’est un livre coup de poing ! c’est un livre coup de coeur !
Gabriel Tallent a beaucoup de talent 🙂

Contemporains·Nature Writing

Une histoire des loups, Emily Fridlund (2017)

Une-histoire-des-loupsSouvenez-vous, en août 2017 je vous parlais des livres de la rentrée littéraire 2017 que je souhaitais lire. Une histoire des loups faisait partie de cette liste.
Madeline est une jeune fille solitaire, en marge puisqu’elle vit dans la forêt aves ses parents qui sont les derniers membres d’une ancienne communauté hippie. Elle ne sait pas si ce sont ses vrais parents. Un jour de nouveaux voisins viennent s’installer, une jeune femme et son fils. De temps en temps, le père de famille les rejoint pour passer le week-end ou des vacances. Madeline les observe. Un jour, elle devient la baby-sitter du jeune garçon âgé de 4 ans et prend part au quotidien de cette famille.
Dès le début, le lecteur sait qu’un drâme a eu lieu, tout le long du roman, le lecteur se pose donc de nombreuses questions.
J’ai bien aimé le style de l’auteur et l’histoire également mais il a manqué quelque chose, un petit je ne sais quoi qui fait que j’ai eu beaucoup de mal à finir ce livre même si le suspense est présent jusque dans les dernières pages. Une histoire des loups est donc ma déception de cette rentrée littéraire. Une histoire de secrets qui sur le papier avait tout pour me plaire mais n’a pas su me toucher. Ma première déception de 2018

 

Humour·Roman Policier/Thriller

Le cercle des plumes assassines, J.J. Murphy (2015)

Un journaliste tué d’un coup de plume, le premier tome d’une trilogie pleine d’humour et de rebondissements.

2016-11-06-17.58.22.jpg.jpeg« Le cercle vicieux », un club de journalistes a pour habitude de se retrouver à l’heure du déjeuner à la célèbre Table Ronde de l’Hôtel l’Algonquin pour partager leurs cancans. Malheureusement, leur déjeuner tant attendu vire au drame quand ils découvrent un mort au pied de leur table. La victime gît à leur pied, assassinée d’un coup de stylo. Une fâcheuse découverte qui ne va pas faire les affaires de nos amis qui vont tour à tour être suspectés. Le même jour, un jeune journaliste qui n’est autre que William Faulkner souhaitait se présenter au cercle.
à noter que le cercle vicieux a réellement existé et se réunissait à l’Algonquin  de 1919 à 1929.Dans son roman, J.J. Murphy reprend ces personnages pour en faire une oeuvre de fiction.

Comme vous le savez déjà, je ne suis pas une grande amatrice de roman policier mais depuis peu je me soigne. J’attends bien sûr toujours vos conseils avisés en la matière, d’autant plus que « Le cercle des plumes assassines » m’a réconcilié avec le genre et m’a donné envie de me plonger un peu plus dans cet univers. j’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette histoire. Le point fort de ce roman est clairement son personnage principal haut en couleur : Dorothy Parker. Son sens de l’humour et de la répartie font mouche. J’ai ri à nombreuses de ses répliques. 

Dans « Le cercle des plumes assassines », J.J. Murphy, nous plonge dans le quotidien des différents journalistes du cercle de l’Algonquin et nous fait découvrir les personnalités des écrivains. Ils ont tous la plume acérée et ne se traitent pas tendrement, faisant régulièrement usage de sarcasmes.
Un livre à lire pour son ton humoristique plus que pour son enquête policière. Un roman dans lequel les protagonistes soignent leurs malheurs à grandes tasses de Whisky, une denrée rare car le roman se passe  durant la prohibition.

Le cercle des plumes assassines est le premier tome d’une Trilogie. Le tome 2 est déjà disponible et m’attend sagement sur son étagère 😉 Je remercie les éditions Bakerstreet pour l’envoi de ce roman et pour leur confiance.

Thèmes : -Journalisme-crime-critique littéraire-Humour-Prohibition-Amérique des années 20-Enquête

Coups de coeur

La dernière fugitive, Tracy Chevalier (2013)

Un très beau portrait de femme dans l’Amérique du XIXeme siècle, au sein d’une communauté « amis »

à lire !

la-derniere-fugitive-tracy-chevalierHonor Bright est une Quaker ou une Amie (Société religieuse des amis) Anglaise. Malheureusement, son fiancé est parti avec une autre femme ne faisant pas partie de leur communauté. Normalement, les Amis ne se marient qu’entre eux. Sa soeur Grace part pour l’Amérique rejoindre Adam, un « ami » avec qui elle a pour projet de se marier. Honor Bright que plus rien ne retient en Angleterre fait ses valises et accompagne sa soeur dans cette nouvelle vie. Le voyage ne sera pas de tout repos pour la pauvre Honor qui a le mal de mer avant même d’avoir quitté le port. Elle sait dès le début qu’elle s’engage pour un aller sans retour. Sa soeur décède avant même de retrouver son futur époux. Les plans d’Honor sont donc compromis et le futur marié est un peu contrarié par la venue de celle-ci.

Je n’avais jamais lu de roman de Tracy Chevallier, Natacha (Marmelade de livres) m’a mis l’eau à la bouche avec son article. Quand j’ai vu que Julie (les petites lectures de scarlett) appréciait également l’auteur, je me suis jetée à l’eau. D’ailleurs, j’ai jeté mon dévolu sur la dernière fugitive car le billet de Julie m’a séduite (et aussi parce qu’il était disponible à la bibliothèque que je fréquente).

J’ai beaucoup apprécié cette lecture qui nous plonge au coeur de l’Amérique du XIXeme siècle au sein d’une société d’ami américain. Honor bright découvre la vie en Amérique et les moeurs très différentes entre les deux pays. Durant son périple pour rejoindre le fiancé de sa soeur, elle fera la connaissance de deux personnages hauts en couleur : Belle mils, une modiste très avant-gardiste et son frère : Donovan « un chasseur d’esclaves ».
Tracy chevalier aborde également le thème de l’esclavage. Notre héroïne découvrira que des esclaves se cachent et sont aidés par certains américains pour rejoindre le Canada.
Etant une amie, elle a pour philosophie d’aider toute personne dans le besoin, malheureusement sa belle famille ne voit pas cette idée d’un très bon oeil et préfère changer les règles des « amis »  sur ce point.
Un très beau portrait de femme que je vous conseille de lire.

 

Coups de coeur

Le journal de Frankie Pratt, Caroline Preston (2012)

Un fabuleux journal intime sous forme de scarpbooking !

journal-frankie-pratt-caroline-preston-L-HU3jDSLe journal de Frankie Pratt est un roman sous forme de scarpbooking. L’auteur a collecté pour nous des cartes postales, des publicités et des photos des années 20 et nous a livré une histoire : Celle de Frankie Pratt, une jeune-fille américaine de 18ans pleine de vie et d’ambitions. L’auteur s’est inspirée de sa grand-mère et de l’amitié que celle-ci a entretenue avec Sylvia Beach une célèbre libraire et éditrice de Saint-Germain des près.

Frankie Pratt est donc un personnage de fiction pourtant son journal criant de réalisme et de vie voudrait nous faire croire qu’elle a réellement existé. Caroline Preston a donc réussi son pari de donner vie à un personnage. J’ai presque été déçue quand j’ai appris que cette jeune-femme n’a jamais existé.
Un livre qui se déguste comme un bonbon. Un livre objet qui fait aimer les livres papier. On en redemande. Ce livre est un coup de coeur.

Connaissez-vous d’autres livre sous cette forme ? Je suis curieuse d’en découvrir d’autres.

Blog/Informations

Les matchs de la rentrée littéraires Priceminister 2014

RECEPTION DE RETOUR A LITTLE WING = JOIE INTENSE

Bonjour,

Aujourd’hui je viens vous parler de Retour à Little Wing de Nicolas Butler, un roman que j’ai reçu dans le cadre des Matchs de la rentrée Littéraire organisé par Priceminister et orchestré par Olivier Moss. Je tiens donc à remercier celui-ci et Priceminister pour cette gentillesse.
5419a4a398ac7file-20140917-155519-981 Je viens de commencer ce livre et je ne peux déjà plus le lâcher. Ma peur ? Le finir!
On se sent directement happé dans l’histoire et proche de ces personnages.
Quatre amis d’enfance qui ont choisi des chemins très différents mais dont l’amitié est restée intacte. Amitié qui les lie tous à Little Wing ville de leur enfance.

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J’avais déjà participé en 2012, j’avais reçu Les affreux de Chloé Schmit. Un roman singulier qui avait su me séduire sur un sujet qui m’est cher et qui pour une fois n’a rien de drôle : l’euthanasie.
En 2013, j’ai lu La grâce des brigands de Véronique Ovaldé. Un roman qui n’a pas su me toucher. Mauvaise pioche !

Romans historiques

La colline aux esclaves, Kathleen Grissom (à paraitre en Janvier 2015 aux editions Charleston)

Ma première lecture en tant que Lectrice Charleston 2015

Comme vous le savez, j’ai été sélectionnée pour être lectrice Charleston 2015. C’est donc avec un grand plaisir que je vous présente ma première lecture : La colline aux esclaves de Kathleen Grissom, un roman à paraître en janvier 2015.

La colline aux esclaves de Kathleen Grissom

Lavina une jeune Irlandaise de 7 ans, ses parents et son petit frère vont traverser l’océan atlantique pour vivre leur rêve américain. Malheureusement tout ne se passera pas comme prévu. Ses parents décèdent lors de la traversée. Son frère est vendu. Le capitaine du navire décidera de garder la jeune fille et d’en faire une domestique. Lavina découvrira alors pour la première fois Tall Oaks qui deviendra sa nouvelle maison. Elle vit avec les domestiques noirs et trouvera auprès d’eux une nouvelle famille. Dans ce roman nous suivons la vie de cette jeune fille mais également celle de Belle, fille cachée que le Capitaine a eu d’une aventure avec une domestique noire.

J’ai bien aimé ce roman bien que ce ne soit pas un coup de cœur. Les deux narratrices de ce roman sont Belle et Lavinia. Je trouve que cette double narration apporte un plus à l’histoire. J’ai aimé avoir le point de vue de ces deux femmes. Deux femmes qui ont des points communs. Toutes deux n’ont pas la vie facile et toutes deux sont un peu entre deux mondes. Lavina de par sa couleur de peau ne fera jamais tout à fait parti de la famille des esclaves et Belle qui attend ses papiers a elle aussi une différence.
J’ai aimé en apprendre un peu plus sur cette période historique, les différences de traitement entre les domestiques et les travailleurs dans les plantations.

Pourquoi ce roman n’est pas un coup de cœur? Peut être à cause de son côté trop dramatique. Il y a un très grand nombre de morts, de personnages violentés. Malheureusement je suis bien consciente que ceci fait partie de l’histoire et a eu lieu dans de nombreuses exploitations mais je trouve qu’il y en a quand même un peu trop et ceci dans les deux camps. Il n’y a pas que les esclaves qui souffrent, les maîtres également ont un destin tragique dans ce roman. J’aurais pu m’en réjouir mais malheureusement ce ne fût pas le cas.
J’aurais aimé trouver quelques passages plus positifs et légers. J’ai beaucoup aimé quand Lavina s’occupe du bébé comme si c’était le sien, plus de passages dans cet esprit auraient pu transformer ce roman en coup de cœur. Ce livre manque cruellement d’espoir

Pour finir je me suis dis que j’avais de la chance de vivre à notre époque parce que la condition de la femme s’est nettement amélioré. Avant seul un mariage pouvait sauver une femme de sa pauvre condition et encore, c’était souvent un coup de poker. Je suis donc heureuse que ce temps soit révolu.

Note sur l’échelle livresque : 6/10

lectrice charleston