Contemporains·Coups de coeur

Les lisières, Olivier Adam (2012)

Olivier Adam se livre

les lisièresGenre littéraire : Contemporain

Thèmes abordés : Secret de famille, séparation, divorce

Histoire :  Paul, écrivain vivant en Bretagne, vient de se faire quitter par sa femme. Il vit très mal cette rupture et supporte mal de ne pas pouvoir voir ses enfants tous les jours. Suite à une grave maladie dont est victime sa mère, il décide de retourner dans la banlieue où il a passé son enfance. Il retrouve ses anciennes connaissances et force est de constater que la dure réalité a rattrapé tous les rêves et ambitions de ceux-ci.

Mon avis :Je ne voulais pas lire ce livre. J’avais peur de retrouver ce romancier et sa dépression. Cependant, quelqu’un m’a mis ce livre entre les mains en me disant : « il est magnifique » alors je me suis laissée tenter. N’allez pas croire que je suis une fille facile ! loin de là. Il faut dire que j’avais quand même envie de le lire pour me faire mon idée.

Finalement je ne suis pas déçue. Ce livre est LE PLUS ABOUTI de l’auteur. Evidemment comme les autres, c’est un livre qui dérange puisqu’il aborde des sujets difficiles : le chômage,la haine pour les étrangers,la montée du Front national,la politique, la dépression, l’amour, la séparation (divorce) et les secrets de famille.
J’ai aimé de nombreux passages. J’ai trouvé qu’olivier Adam dressait un portrait très juste de notre société et de nos classes moyennes. (dont je fais partie tout comme vous surement qui lisez ce modeste blog sans prétention.)

La montée du front national,le chômage, l’ insécurité de l’emploi autant de sujets qui ne sont pas forcément drôles mais qui sont évoqués avec beaucoup de justesse. Je me suis reconnue dans ces différentes personnes issues des classes moyennes. Le fait de galérer à trouver un emploi et de pouvoir le perdre juste parce qu’on a été moins souriant, moins productif mais surtout parce qu’ils savent qu’il y en a 10 autres qui cherchent du boulot derrière… La difficulté d’obtenir un CDI même à Simply (pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une enseigne du type : intermarché, carrefour, auchan etc..).

Les lisières est aussi un roman qui aborde le secret de famille et les blessures que peuvent engendrer ses secrets.

Ensuite, j’ai trouvé très convaincant le portrait qu’il dresse de lui même (de l’écrivain). Parce qu’il ne faut pas se voiler la face Paul, c’est Olivier. Bien sur certainement pas entièrement mais en grande partie. Le fait qu’il ne fait plus partie des classes moyennes dont il est issu mais ne se sentent pas non plus appartenir aux hautes sphères. C’est un peu comme ces étrangers qui chez eux sont vus comme des français et en France sont perçus comme des étrangers. Ils ne se sentent plus chez eux nulle part. Pour olivier Adam, c’est pareil sauf que c’est une histoire de classes sociales. Il est rejeté par les siens. Il souffre d’un manque de considération, un manque de reconnaissance. Personne ne comprend bien son métier. Ils ont du mal à accepter que leur fils étale sa vie et celles de ses proches dans ses romans. Ils trouvent ça malsain.
Il se rejette lui même de « la haute société ». L’élite parisienne dont il pourrait faire parti mais dont il se sent différent. Il est en lisière du monde. Le japon est son eldorado, une terre d’asile où il pourrait couler des jours heureux.

Les lisières est un livre qui permet de mieux comprendre Olivier Adam et son oeuvre. à vous procurez d’urgence si vous vous intéressez à cet auteur.

Note sur l’échelle livresque : 8,5/20

En lisant ce livre j’ai pensé : qu’olivier Adam devenait un peu plus optimiste voir même drôle. Il est sur la bonne voie !

Si vous souhaitez lire un autre roman sur les secrets de famille, Jetez vous sur UN SECRET de Philipe GRIMBERT

Contemporains

Les affreux, Chloé Schmitt (2012) Matchs de la rentrée littéraire Priceminister

Les affreux est un roman qui porte bien son nom

Genre littéraire : Roman contemporain

Thèmes abordés : Vivre après un AVC, Manque de considération, Handicap, violence

Histoire : Alfonse est contrôleur à la RATP. Un matin alors qu’il se lave les dents, il est victime d’un AVC. Sa femme partie à la boulangerie le retrouve inconscient. Chapitre après Chapitre Alfonse nous livre ses pensées. Pensées dont il est prisonnier puisqu’il ne peut plus communiquer que par des cris.

Mon avis : Tout d’abord, je tiens à remercier Priceminister pour ce livre que j’ai reçu dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire 2012. Je suis très contente de cette participation !

Je n’avais encore jamais lu de livre sur le sujet mais celui-ci m’a  fait penser à deux films. Tout d’abord, « le scaphandre et le papillon » de Julian Schnabel qui est tiré d’un livre de Jean-Dominique Bauby, Journaliste victime d’un AVC et qui a dicté son livre en clignant des yeux. Chaque clignement correspondant à une lettre.

Pour visualiser la bande-annonce, c’est par ici

J’ai vu ce film, il y a quelques temps et j’avais beaucoup aimé. C’est triste mais il y a quand même de l’espoir. Tandis que dans les affreux de Chloe Schmitt, il n’y a pas une once d’espoir. Si un petit passage mais sinon tout est très sordide.

Alfonse n’a pas eu de chance. Il a eu un AVC. On pourrait se dire : « le pauvre » mais son cauchemar ne fait que commencer. Il devient le souffre-douleur de tout le monde. Dans un première temps, celui de sa femme puis ensuite celui de son frère qui le maltraite physiquement. Je ne vous dévoile pas ce qui se passe dans la dernière partie mais je peux vous assurer que ce pauvre homme n’a vraiment pas de chance du tout…

J’ai beaucoup aimé la plume de Chloé Schmitt. J’ai ressenti toute la colère et le désespoir d’Alfonse. Un livre écrit un peu comme on parle. Ce qui est original puisque le personnage ne parle pas… C’est le monologue qu’il se fait dans sa tête.  Pour vous faire une idée voici quelques phrases que j’ai relevées :

« C’est ça le problème de toujours reporter au lendemain… Parfois le lendemain, il se pointe jamais!.. »

« On souriait con y’a pas à dire ! … On savait pas encore. Y a bien que les cons pour être heureux ! « 

« Plus on grandit, plus on se rapproche du plafond, moins y a de place pour rêver. »

« Grandir et crever. Même avec plein de choses au milieu, c’est pas une vie! … »

« Le suicide est une idée qui ne finit jamais que par elle-même »

« l’héroïsme m’était vite passé, je resterais pendouillant. »

Vous l’aurez donc compris et comme je le dis fort souvent en ce moment : « Ce livre n’est vraiment pas une tranche de rire« . Bon je l’avoue quand même, un passage m’a fait beaucoup rire. Les amis d’Alfonse, l’ammènent dans un club de strip-tease et ce passage est vraiment formidable. Glauque mais drôle.

Je préfère quand même lire un livre de quelqu’un qui a vraiment vécu cette situation, je trouve qu’il y a plus d’intérêt. Ce que je reprocherais à ce roman, c’est le côté trop « désespoir » mais c’est un parti pris de l’auteur.
Alfonse est vu comme un monstre mais finalement les vrais monstres de ce roman sont les affreux qui ne le considèrent plus comme un homme. 

Le second film que je ne peux que vous conseiller sur le sujet est Mar adentro d’Alejandro Amenabar avec Javier Bardem. Ce film retrace l’histoire vraie de Ramon Sampedro devenu tétraplégique à la suite d’un accident. J’ai préféré celui-ci mais l’autre (« le scaphandre et le papillon« ) se rapproche d’avantage du roman « les affreux« . Le film d’Alejandro Amenabar traite de manière très juste l’euthanasie où le droit de choisir sa mort.  Vous trouverez la bande-annonce ci-dessous

Je sais que ce ne sont pas les sujets les plus gais du monde mais je pense qu’il est important de se faire une opinion dessus.

Ce livre s’adresse : à ceux qui aiment les romans écrits comme parlés. (tout le monde n’aime pas forcément mais c’est un style que j’apprécie)

Note sur l’échelle livresque : 14/20

En lisant ce livre j’ai pensé : que c’était bien écrit. J’apprécie beaucoup le style de chloé Schmitt, c’est un premier roman très prometteur. 

Le lien pour vous procurez le livre