Romans autobiographiques

Le livre que je ne voulais pas écrire, Manu Larher (2017)

« Le livre que je ne voulais pas lire » 

le livre que je ne voulais pas écrire Manu LarherQuand j’ai vu de quoi parlait « le livre que je ne voulais pas écrire », j’ai tout de suite pensé que j’étais trop sensible pour le lire. Manu Larher était présent au Bataclan lors de l’attentat du 13 novembre 2015. Auteur de profession, il invente des personnages et des histoires, la réalité n’est pas son fond de commerce, il préfère la fiction.  Il ne veut pas de la célébrité factice liée à son statut de victime. Il est romancier et ne veut pas faire de son histoire personnelle un roman. Poussé par ses amis et proches, il finira par écrire « le livre que je ne voulais pas écrire », et il a bien fait car c’est une réussite.
Le livre que je ne voulais pas écrire est un O.L.N.I (objet littéraire non identifié) qui raconte cette soirée de son point de vue mais également du point de vue de ses proches et amis. une succession de chapitres qui alternent l’histoire vécue par l’auteur et les témoignages de ses proches. L’auteur se met également dans la peau des terroristes dans certains chapitres. De très beaux textes qui créent une oeuvre collective unique qui ne met pas l’accent sur l’horreur, mais plus sur la peur de la perte d’un être cher et l’angoisse qui les a submergés en cette triste soirée. 

Livre lu dans le cadre du Challenge 1% de la rentrée littéraire, c’est ma 4eme lecture !
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Contemporains·Coups de coeur

Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu (2016)

Journal-dun-vampire-en-pyjamaMathias Malzieu : un vampire poétique à l’humour dévastateur

Je remercie les Editions Albin Michel pour cet envoi. Mathias Malzieu est un écrivain que j’apprécie beaucoup. Je l’ai découvert par l’intermédiaire de son groupe Dionysos car pour ceux qui ne le savent pas encore, j’adore la musique. Le rock en particulier et le Bird’N’Roll plus précisément. Je me suis rendue à de nombreux concerts du groupe. J’apprécie leurs textes mêlant romantisme, folie, humour et poésie. Dionysos, c’est tout un univers à chaque album et de la joie à chaque show. Je remercie donc également Mathias Malzieu (et son groupe) pour le bonheur qu’il me procure par son énergie, ses textes et mélodies.

En novembre 2013, un peu avant la sortie de son film « la mécanique du coeur » mathias malzieu découvre qu’il est atteint d’une maladie rare : l’aplasie médullaire. Il doit être transfusé régulièrement en attendant une hypothétique greffe de moelle. Avec cette maladie, Mathias se transforme en Vampire, il a besoin de sang pour survivre. 

Dans ce roman autobiographie, l’auteur nous livre jour après jour son quotidien de vampire (malade) avec humour, fantaisie et poésie. Certains passaJournal d'un vampire en pyjama-mathiasmalzieuges sont plus sombres car évidement être malade n’a rien de drôle mais Mathias fait face à cette épreuve avec son bouclier fétiche : l’humour. Il se moque de Dame Oclès qui le suit partout avec son épée. Mathias a le don de voir le monde avec des lunettes qui le rendent plus beau. Il a tout un univers et voit les choses comme dans un film fantastique. C’est ce qui me plait dans ce livre et chez Mathias Malzieu : Cette capacité à s’émerveiller et rendre sa vie plus belle avec son imagination. Il traverse une épreuve difficile mais relativise toujours. Bien sûr, il a peur de ne pas s’en sortir mais il garde toujours espoir en faisant ce qu’il fait de mieux : la musique et l’écriture. Il lit également beaucoup de poésie et plus particulièrement Walt Whitman un poète américain que j’ai maintenant très envie de découvrir.
L’art à donc joué un rôle important durant son combat contre la maladie.Il remercie les soignants ces « super-héros du quotidien » et lance un appel au don.

Ce journal est également une Ode à l’amour, et comme vous le savez déjà j’adore l’amour donc mon petit coeur a fait boum boum. Une belle preuve d’amour adressé à Rosy son amoureuse qui a su vivre cette aventure à ses côtés. Un message d’amour également adressé à ses proches (son père et sa soeur) mais également ses amis qui n’ont pas quitté le navire quand il prenait l’eau. En effet, Mathias explique que la maladie a vite fait le tri entre les amitiés sincères et les autres.

Tour à tour, vampire, hamster et eggman, la maladie n’a rien de glamour mais avec l’humour et la fantaisie tout passe toujours mieux. Telle est la conclusion de ce roman autobiographique qui finit bien. 

Non classé

Un jour on se rencontrera, Lizzie Doron (2015)

eho_doron3cJ’ai reçu ce livre dans le cadre de l’opération Masse critique, Je tiens donc à remercier le site chaleureusement ainsi que les Editions Héloïse d’Ormesson. Je remercie également Lizzie Doron, auteur de ce livre pour cette lecture enrichissante.

En 2014, j’ai fait le constat que je lisais très peu de livres d’Auteurs féminins. J’ai donc décidé de remédier à cette ignominie en 2015. Le livre de Lizzie Doron fait donc partie de ce challenge personnel dans lequel je me lance.

Ce roman se lit vite (200 pages), il s’agit d’une autobiographie romancée de l’auteur. Son histoire n’a rien de drôle puisqu’elle est la fille de deux survivants Polonais de la Shoah cependant l’auteur ne s’apitoie pas sur son sort et a su tirer des enseignements de son histoire personnelle.

Un roman sur la communauté juive mais pas que, « Un jour on se rencontrera » est aussi un roman sur l’absence de la figure paternelle. En effet, Aliza (Lizzie Doron) ne sait pas qui est son père, ni même si celui-ci est en vie. Dans ce livre, nous suivons sa quête pour enfin connaître la vérité. Un secret bien gardé qui finalement lui a rendu service puisque cette absence lui aura permis de devenir écrivain. En effet, petite fille, elle s’inventait des histoires sur ce père inconnu. Cette absence a attisé sa curiosité, elle passait son temps à demander où était son père et s’intéressait également à son voisinage.

La forme du roman peut désarçonner le lecteur au début de sa lecture. En effet, le passé et le présent s’entremêlent et il y a de nombreux personnages. Cependant c’est cette mise en forme qui fait la force et l’intérêt de ce roman. De petits paragraphes qui illustrent à la perfection des souvenirs. Fragments du passé qui avec des informations présentes donnent du sens au passé et permettent à l’auteur de reconstituer son histoire.